Ne dites pas dernier délai dites Quasimodo

C’est la rentrée, des spectacles se profilent pour cet automne, plusieurs sont déjà calés, d’autres en passe de l’être. En d’autres termes c’est reparti. Avec de très jolis projets dans les cartons.

Tout le monde est prêt : les artistes, l’équipage,... et le public ? Car rappelons le, le spectacle vivant s’appuie bel et bien, nécessairement, sur ces trois pieds.

Rappelons le, inlassablement. Le spectateur est bel et bien un acteur du spectacle vivant. Il agit. Au théâtre comme au concert, le public joue son rôle. Qui consiste, pour commencer, à faire preuve de curiosité.

Proférons avec gourmandise une lapalissade : le spectateur qui se cantonne à ce qu’il connait, à ce qu’il a entendu, à ce dont les ondes parlent, à ce qui figure en têtes de gondoles, ce spectateur-là ne risque pas de découvrir grand chose. Il est à l’abri des bonnes surprises. Des rencontres artistiques qui font qu’au détour d’une scène un inconnu que vous n’aviez pas vu venir vous marque.

Il n’est un secret pour personne, semble-t-il, que ni les grands médias, ni les grands circuits ne font preuve d’une audace folle. Que le marché dit beaucoup plus que son mot,  et que des artistes merveilleux  restent en dehors de leurs radars pour diverses raisons qui en sont de mauvaises.

Alors au spectateur de choisir s’il se contente de ce qui lui tombe sous la main - la culture de masse - ou s’il fait un peu, beaucoup, voire passionnément preuve de curiosité à l’égard d’artistes dont il n’a pas forcément entendu parler.

Il y a des lieux, et La Capitainerie en est un, qui défendent bec et ongle des artistes qui leur semblent mériter le détour, qu’ils soient largement repérés ou pas, qu’ils remplissent les salles ou pas.

Ces lieux-là, plus que les autres, font appel à la confiance de leur public et lui demandent un certain engagement. Puisque leur démarche ne se borne pas à proposer des artistes en vue mais consiste, au contraire, à faire découvrir. Dans ces lieux, il revient au spectateur de faire preuve d’une certaine curiosité, pour venir voir et écouter des artistes dont, parfois, il n’a jamais entendu parler. Cela suppose aussi, de sa part, une certaine confiance aussi en ces lieux dont il connait la façon de travailler, l’éthique, etc.

En cette rentrée, et plus que jamais, nous vous demandons de faire preuve de cet engagement. Lui seul justifie et légitime notre action qui, sans lui, n’a pas de sens. Il conditionne aussi très fortement l’efficacité de cette action ainsi que, directement, sa viabilité..