il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots

Voir "dernière minute" pour les spectacles

Nous n’en sommes pas encore au(x) bilan(s), la page n’est pas encore tournée, mais petit à petit, chez les uns et chez les autres la prise de conscience se fait. La notion s’installe. A regret.
Le mot qui revient, chez beaucoup de spectateurs - occasionnels ou habitués - et d’artistes, c’est le mot «gâchis».
Gâchis parce que pas grand monde ne comprend comment la commune de Joze et le communauté de communes Entre Dore et Allier ont pu à ce point être sourdes et aveugles, passer à côté, rater le coche. Toutes les instances leur ont dit, tous les témoignages concordent.
Gâchis parce que disparaissent à la fois une alchimie très particulière, un creuset artistique et humain, un réseau mais aussi un outil technique rare à plus d’un titre.
La Capitainerie défendait précocement l’idée que la culture devait tout autant irriguer les zones rurales que les villes ; que les habitants des campagnes étaient aussi curieux et gourmands d’art, intelligents et possiblement critiques que les citadins. Aujourd’hui, trente ans après, des élus de notre territoire en sont encore à parler d’animation et considèrent que la culture ne relève pas de leurs compétences. De fait, cette communauté de communes, qui a vu naître la première saison culturelle en zone rurale du Puy-de-Dôme, sera la seule de notre département à en être dépourvue quand, dans une poignée de semaines, La Capitainerie aura fini de fermer.
Et ce gâchis, immanquablement, va faire des petits : un jour ou l’autre,  les instances de ce territoire vont s’apercevoir qu’elles sont à la traîne en matière de spectacle vivant. Alors elles vont vouloir y remédier ; et découvriront - avec leurs contribuables - ce que ça coûte, normalement, une saison culturelle. Ils trouveront les moyens financiers, malgré tout. Certains élus, sans doute, se souviendront peut-être alors de ce que nous, et d’autres - y compris des représentants des collectivités territoriales et de l’Etat - avons tenté vainement de leur faire comprendre.
Pendant trente ans.