Ne dites pas dernier délai dites Quasimodo

Nous voilà en 2017. On change d’année, un peu comme si on changeait de page. On ne change pourtant pas de page. Profitons quand même de l’occasion pour ouvrir un oeil un peu large autour de nous.

Peut-être sommes nous à un moment clé. Un peu partout dans le monde, un peu partout en France aussi, un peu dans tous les domaines, se passent des choses lourdes de sens, qui nous emmènent dans des directions tout à fait opposées. Il y a de quoi ressentir l’impression d’être en présence d’un quitte ou double qui fait le grand écart.

Les huit personnes les plus riches de la planète se partagent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. C’est un nouveau record. Les richesses ne cessent de se concentrer davantage et les écarts de se creuser, les profits des grands trusts sont de plus en plus gigantesques, pendant que l’économiue va mal - trouvez l’erreur - et que tant d’entreprises souffrent. Les voitures de luxe s’arrachent comme jamais, mais des salariés en cdi et des fonctionnaires sont contraints de loger dans leur voiture - pas de luxe - et des gens se retrouvent à vivre sur des cartons.

Dans le même temps, les circuits courts et l’économie solidaire, à taille humaine, la consommation responsable, le commerce équitable montent en puissance. De plus en plus de citoyens réalisent qu’en achetant local ils soutiennent l’économie dont ils dépendent et donc, à terme, jouent aussi pour eux-mêmes.

L’esclavagisme moderne fait travailler jusqu’à des enfants au profit, aussi, du consommateur otage du système.

A l’opposé, une chaîne de la grande distribution a mis en place un système dans lequel l’acheteur intervient sur le prix auquel le lait est acheté aux producteurs.

L’inhumain bat des records.?On entend des propos indignes d’un peuple dit civilisé à propos de gens qui risquent sciemment leur vie pour tenter de la sauver. En clair, certains de nos compatriotes osent en vouloir à des personnes qui n’ont pas d’autre recours que tout quitter pour sauver leur peau, et assumeraient de les laisser mourir.

Cependant des actions collectives ou isolées, accompagnées parfois de vraies paroles fortes, auraient tendance à rassurer sur l’humanité. Témoin, cet homme devant les tribunaux pour avoir hébergé des réfugiés (sic?!) et qui déclare préférer risquer la prison qu’être en désaccord avec sa conscience.

L’entraide, l’idée de partage et d’échange cheminent. Dans les anciennes cabines téléphoniques sont déposés des livres à l’intention de qui voudra les lire. Via internet, on covoiture, on échange, on brade, on donne, on dépanne.

Mais des entreprises de plus en plus mondialisées et mondialisantes posent ou tentent de poser leurs mains accaparatrices même cette solidarité.

Le climat se réchauffe et les phénomènes météorologistes extrêmes se multiplient, certaines ressources baissent dangereusement, des espèces disparaissent massivement.

Mais dans le même temps des initiatives, un peu partout dans le monde, montrent que nous pouvons encore inverser la tendance à condition de ne plus perdre de temps*.

Sur chacun de ces sujets et sur bien d’autresencore, de quel côté allons nous finalement nous diriger ? La réponse dépend de chacun de nous, au quotidien, par notre façon de vivre, par nos prises de parole, par nos suffrages.

Allez, bonne année.


* A voir de toute urgence, le film Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion, édité en DVD, généralement disponible à la Librairie Les Volcans