Ne dites pas dernier délai dites Quasimodo

Une nouvelle année commence. On l’espère tous très belle et chacun le souhaite à chaque autre. Nous faisons de même, et tout à fait sincèrement.

Mais l’ambiance n’y est pas tout à fait et l’optimisme n’est pas à la mode. L’état de la planète est catastrophique, celui de nos sociétés désastreux - politiquement, socialement, économiquement, humainement...

Il n’y a pas si longtemps, seuls les oiseaux de très mauvais augure s’inquiétaient vraiment de l’avenir de l’humanité en pronostiquant la disparition de l’espèce. Aujourd’hui c’est une crainte que l’on entend couramment et de plus en plus nombreux sont ceux qui disent que c’est trop tard.

Il n’y a pas si longtemps on pouvait encore penser que la plupart des peuples avaient suffisamment retenu les leçons de l’histoire récente pour ne plus confier le pouvoir aux partis de la haine. On voit bien ce qu’il en est à travers le monde et imaginer la France à l’abri serait irresponsable.

Notre système politique est au bord de l’implosion, notre organisation économique n’est plus adaptée à la réalité du monde (aux urgences environnementales, aux besoins en matière de santé par exemple). On ne sait pas trop comment ça marche ni ce qui pourrait changer les choses. Alors certains, ne sachant par quelles cornes prendre le taureau, commettent l’ânerie de désigner un bouc émissaire.

En ce début d’année, on se recroqueville, on courbe l’échine en attendant le retour du déluge sous un régime autoritaire ?

Non, il n’est pas trop tard pour enrayer cette mécanique stupide, indigne de l’humain et de ce dont il est aussi capable. Pour cela, il faut commencer par le remettre, cet humain, au centre du jeu. Et par se demander de quoi il a besoin, en réalité.

A voir l’épanouissement ambiant, il y a une belle marge de progression et deux constats faciles : primo, épuiser les ressources ne rend pas heureux sinon l’euphorie serait une pandémie. Secundo, la haine de l’autre ne rend pas heureux non plus, ça se voit bien sur la tête des impétrants.

Ce qui le rend véritablement heureux, l’humain ? Pas ce qu’on lui assène à grands coups de spots, d’affiches et d’écrans de tout pixel, la preuve est faite depuis longtemps mais l’illusion perdure.

Depuis quelques décennies on n’a cessé de lui augmenter sa dose de poudre aux yeux et il en redemande. Addict. Il faut dire que de grands progrès ont été faits en matière de manipulation des désirs. Alors il croit que le dernier objet high tech emplit sa vie et que son bonheur est indexé sur la taille de son canapé. Ce n’est pas vrai.

Il croit aussi - on fait ce qu’il faut pour - que moins il pense, moins il aura de soucis. Alors quand il est fatigué de sa journée ou de sa semaine il a envie de se vider la tête. Ca ne marche pas non plus ; en revanche ça rend son cerveau disponible aux spots et slogans mentionnés plus haut...

Difficile de sortir du piège. Mais c’est peut-être un bon projet de début d’année : diminuer la dose de poudre aux yeux pour retrouver des aspirations un peu plus réelles.  Ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde, mais elles reviennent naturellement si on leur en laisse la place...